|

Il est cruel de demander à un
collectionneur d'écrire à propos d'une de ses acquisitions (" Le 1er mai
2002 " 160 X 220 cm, 2002). Piètres écrivains nous nous contentons souvent
de collecter objets ou œuvres d'art, en espérant secrètement constituer
une entité respectée, au mieux une œuvre, au pire un simple autoportrait.
Mais il est parfois nécessaire de s'engager pour prendre la défense d'une
œuvre consciemment isolée et solitaire. Travaillant à contre courant d'un
art contemporain devenu à son tour académique et petit bourgeois, Julien
Beneyton prend le risque de vouloir représenter la réalité, en progressant
rapidement d'une expression populaire à un savoir faire classique, allant
même jusqu'à préparer ses toiles avec les mêmes enduits que ceux utilisés
par les maîtres anciens. Il est en cela un peu provocateur, voir même
d'avant-garde, et je pense qu'il le sait car il y a indéniablement de
l'intelligence en lui. Il nous fait relire dans sa transcription picturale
ce que nous ne savons plus voir dans le capharnaüm des images filtrées
par nos écrans de toutes sortes.
Antoine De Galbert

It is cruel to ask a collector to write about one of his acquisitions
("Le 1er mai 2002" 160 x 220 cm, 2002). Lousy writers, we are often happy
to just collect objects or artworks, secretly hoping for a respected entity;
at best a work of art, at worst, a simple self-portrait. But sometimes
you have to take a stance to defend a body of work that is consciously
isolated and solitary. Working against the general trend in contemporary
art, which has become academic and petit bourgeois, Julien Beneyton takes
the risk of wanting to represent reality, by quickly progressing from
popular expression to traditional skill, going as far as preparing his
canvases with the same grounds used by old masters. In this, he is a little
provocative, or even avant-garde, and I think he knows it because he is
undeniably intelligent. In his visual transcription, he gets us to reread
what we can no longer see in the scrambled images filtered by our various
screens.
Antoine De Galbert

|