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Julien Beneyton est un
artiste de proximité. Portraits, scènes de genre, il peint ce qui l'entoure
ou plutôt ceux qui l'entourent, ses amis, les gens de son quartier. En
fait, il serait mieux de dire qu'il les entoure de toute son attention
naturelle. Il peint des personnes, pas des fantômes. Son prochain est
au centre de son projet. Constantin Guys, "le peintre de la vie moderne",
dessinait des types, des figures, des rôles. Peintre de la ville moderne,
Julien Beneyton ne généralise pas. Il fixe son empathie sur ses semblables
avec l'affection que chaque singularité devrait requérir. Il ne présente
personne au pluriel. Il regarde chacun et chacun peut se reconnaître dans
son regard. Il y a quelques lustres, on aurait pu dire que Julien Beneyton
pratiquait une peinture de classe, un art "classe contre classe". Aujourd'hui
qu'un devenir-ONG s'est emparé de toute une sphère de l'art contemporain
mondialisé, ses tableaux n'en sont que plus intempestifs. D'abord ce sont
des tableaux, de facture pseudo-naïve, d'allure hâtive sinon maladroite.
Ensuite ce sont des sujets, des situations que la peinture avait abandonnés
depuis longtemps la photographie, des réalités dont elle n'avait plus
fait image. Enfin ce sont des affects, des sentiments auxquels l'art n'a
que rarement cédé. Il serait condescendant de n'y voir que de bons sentiments,
d'y invalider un vieil humanisme voire un nouvel humanitarisme. Julien
Beneyton ne consent pas au monde comme il va. Les armes de sa critique
ne sont pas celles où se joue ou se mime l'actuelle critique des armes.
Il n'est pas un artiste distingué. Sa peinture ne le sépare pas du monde
où il vit. Elle nous met le nez dessus. Elle donne asile.
Christian Bernard

Julien Beneyton is an artist of local life. He
paints portraits, "genre" scenes, a subject or rather subjects surrounding
him, his friends, people in his neighbourhood. In fact, it would be more
apt to say that he surrounds them with all his natural attention. He paints
real people, not shadows. His next work is his central preoccupation.
Constantin Guys, "the painter of modern life", drew types, faces, roles.
Julien Beneyton, painter of modern city, doesn't generalize. He fixes
his attention on his fellow man with all the affection that each individual
is due. He portrays no-one in the plural. He looks at each individual
and everyone can see themselves in his regard. A while ago, Julien Beneyton
could have been described as a "class" painter, and his art as "class
against class" genre. Now that a part of contemporary art has become a
NGO's sector, his paintings seem even more untimely. Firstly, the paintings
themselves are in pseudo-naïve style, as though painted in haste, or clumsily.
Secondly, his subjects are striking, situations which painting had long
ago abandoned to photography, realities which no longer appeared on canvas.
Lastly, the emotions aroused, a old humanism, a new humanitarism even.
Julien Bneneyton does not accept the world as it goes. The manner of his
criticism is nevertheless distinct from the way other criticise the world.
He is not a distinguished artist. He is very much a living part of the
world he paints. His paintings rubs our noses in it. It offers asylum.
Chistian Bernard

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